Oliver Glasner qualifiant l'atteinte des quarts de finale de la Ligue Europa Conférence par Crystal Palace de "énorme réussite" semble être un euphémisme, et franchement, une sorte de diversion. Écoutez, atteindre un quart de finale européen n'est jamais facile, surtout pour un club comme Palace, qui a terminé 10e de la Premier League la saison dernière. Mais soyons réalistes : l'AEK Larnaca à neuf contre onze en prolongation n'est pas exactement un parcours de Ligue des Champions. Le but vainqueur d'Ismaïla Sarr a davantage ressemblé à un soupir de soulagement qu'à une grande déclaration.
Le fait est que Palace avait besoin de ce genre de coup de pouce. Ils ont été inconstants sous Glasner depuis son arrivée en février. Il a hérité d'une équipe qui dérivait sous Roy Hodgson, planant juste au-dessus de la zone de relégation. L'arrivée de Glasner a apporté une étincelle, avec des victoires contre Burnley et West Ham lors de ses premiers matchs de championnat. Mais ensuite est venue cette vilaine défaite 1-0 contre Bournemouth, un rappel de l'inconstance qui afflige toujours cette équipe. Leur parcours jusqu'à ce quart de finale contre la Fiorentina a été… chanceux. Ils ont à peine battu une vaillante équipe de Ferencváros en barrage, l'emportant 3-2 sur l'ensemble des deux matchs avec un penalty tardif d'Eberechi Eze à Selhurst Park.
**La route la moins fréquentée, et peut-être la moins difficile**
Voici le problème avec le football européen pour les clubs de milieu de tableau de la Premier League : parfois, il suffit que le tirage au sort vous soit favorable. Les adversaires de Palace en phase de groupes – Partizan Belgrade, HJK Helsinki et Slovan Bratislava – n'étaient pas exactement des foudres de guerre. Ils ont terminé en tête de ce groupe avec 13 points, obtenant quatre victoires et un match nul, ce qui est respectable, bien sûr. Jean-Philippe Mateta a inscrit trois buts en phase de groupes, montrant une partie de la forme qui a fait de lui un héros culte dans le sud de Londres. Mais même ces matchs ont eu leurs moments de difficulté, comme ce match nul 2-2 à domicile contre le HJK où ils ont eu besoin d'une égalisation tardive d'Odsonne Édouard.
Et puis il y a le match contre l'AEK Larnaca. Recevoir un carton rouge à la 65e minute, puis un autre à la 88e, contre une équipe qui est troisième de la première division chypriote… on s'attend à finir ça en temps réglementaire. Le but de Sarr à la 104e minute, une belle finition sur un centre de Tyrick Mitchell, était bon, mais cela n'aurait pas dû prendre autant de temps. Ce n'est pas pour minimiser l'effort, mais c'est un contexte crucial pour la citation de Glasner sur la "énorme réussite". C'est énorme pour Palace, absolument. Pour un club qui n'a pas connu le football européen régulier depuis des décennies, c'est un grand événement pour les fans. Ils rêveront d'un voyage à Florence.
**Fiorentina : Le vrai test attend**
Maintenant, la Fiorentina. C'est une bête complètement différente. C'est un club historique, actuellement 8e de Serie A, et ils ont atteint la finale de cette compétition l'année dernière, perdant contre West Ham. Lucas Beltrán mène leur attaque, un jeune attaquant argentin qui a déjà inscrit 10 buts toutes compétitions confondues cette saison. Leur milieu de terrain, dirigé par Sofyan Amrabat, offre un niveau de contrôle et d'expérience que Palace n'a pas encore rencontré dans cette compétition. Le match aller à Florence le 11 avril sera un véritable test.
Mon avis ? Le rêve européen de Palace se termine en Italie. Le pedigree de la Fiorentina et l'intensité d'un véritable quart de finale européen seront un pas de trop pour l'équipe encore en développement de Glasner. Ils ont fait un beau parcours, mais la chance du tirage au sort ne peut vous mener que si loin.