Pep Guardiola, que Dieu le bénisse, a déclaré cette semaine que Manchester City était "proche" de retrouver son meilleur niveau. Il l'a dit après leur élimination de la Ligue des champions face au Real Madrid, perdant 4-3 aux tirs au but après un match nul 1-1 à l'Etihad, qui a suivi un autre match nul spectaculaire 3-3 au match aller. Écoutez, je comprends. Les managers doivent projeter de la confiance. Mais "proche" ? C'est un peu exagéré, même pour un gars qui voit souvent le jeu différemment de nous tous.
En toute franchise : City n'a pas ressemblé à *ce* City depuis la fin de la saison du triplé en juin dernier. Vous vous souvenez comment ils ont écrasé tout le monde ? Ils ont battu le Bayern Munich 3-0 en quarts de finale de la Ligue des champions, puis ont éliminé le Real Madrid 4-0 en demi-finales. Ils ont marqué 94 buts en Premier League, n'en concédant que 33. Cette saison, ils ont déjà encaissé 32 buts en championnat avec quelques matchs restants. C'est une baisse significative, et ce n'est pas seulement de la malchance.
**Le test visuel, et les chiffres, ne mentent pas**
Le fait est que le test visuel confirme les statistiques. Ce jeu de possession dominant et étouffant, où les adversaires avaient à peine une chance ? Il est toujours là par intermittence, mais ce n'est plus l'assaut incessant de 90 minutes qu'il était autrefois. Rodri, d'habitude un roc absolu, a parfois semblé un peu fatigué. Kevin De Bruyne, malgré tout son génie, n'a pas eu la même production explosive depuis son retour de blessure aux ischio-jambiers ; il a quatre buts en Premier League et sept passes décisives contre sept buts et 18 passes décisives la saison dernière. Même Erling Haaland, malgré ses 20 buts en Premier League, n'a pas eu la même présence terrifiante à chaque match, semblant souvent isolé contre les meilleures défenses. Il n'a même pas enregistré un tir cadré contre le Real Madrid au match retour.
Et n'oublions pas le nombre de matchs nuls ces derniers temps. Ils ont fait match nul 1-1 avec Liverpool en mars, puis un autre 0-0 contre Arsenal. Ce sont des points perdus contre des rivaux directs pour le titre, des matchs que City trouvait généralement le moyen de gagner lors de ses saisons de pointe. L'année dernière, ils ont battu Arsenal deux fois en championnat, 3-1 et 4-1. C'est la différence entre "proche" et "le meilleur". Les marges sont plus minces maintenant, et les erreurs sont plus fréquentes.
**La vérité inconfortable sur leur domination**
Voici mon opinion tranchée : la saison du triplé de City était une anomalie, une tempête parfaite de profondeur d'effectif, de performance maximale et d'une touche de génie tactique de Guardiola. Il serait injuste d'attendre ce niveau de domination soutenue année après année, surtout avec d'autres équipes comme Arsenal et Liverpool qui trouvent enfin leur rythme. La Premier League est sans doute le championnat le plus difficile du monde, et chaque équipe s'est améliorée pour contrer le système de City. Elles se sont adaptées. Les adversaires ne se laissent plus faire ; ils apprennent à frustrer Foden et à couper l'approvisionnement de Haaland.
Guardiola peut dire qu'ils sont proches, mais "proche" implique quelques ajustements mineurs. Ce que je vois, c'est une équipe qui est toujours d'élite, toujours capable de gagner le championnat, mais qui a perdu un demi-pas. Ils sont redevenus humains, ce qui rend la course au titre plus excitante, mais cela signifie aussi qu'ils ne sont plus tout à fait la force invincible qu'ils étaient il y a un an.
Ma prédiction audacieuse : Manchester City remportera le titre de Premier League cette saison, mais ils le feront d'un seul point lors de la dernière journée, et non avec le coussin confortable auquel nous nous sommes habitués de leur part.